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Mais malheureusement pas d’arrivée !
La course sera stoppée à Saint-Gervais au kilomètre 21 pour cause de météo. La pluie, le froid, le vent, des cols à plus de 2’500m et quelques 2’300 coureurs rendent l’équation impossible à gérer. Des bénévoles au col de seigne (2’516m, kil 60) témoignent d’un vent de plus de 80km/h qui rendent impossible la préparation du ravitaillement. Un coureur en hypothermie sera secouru de justesse sur la CCC dans des conditions très difficiles.
Immense déception mais pas de regret, l’organisation a eu clairement raison de stopper la course. J’aurai aimé continuer et en découdre avec les éléments, ceux qui me connaissent savent que j’adore les conditions météo extrêmes. Plus c’est pourris, plus j’ai le sourire et la pêche! D’ailleurs, ça c’est encore vérifié au trail de Verbier, pendant la tempête, avec Paolo. Mais là, nous étions trop nombreux, la moindre simple entorse deviendrait vite compliquée à secourir suivant l’endroit. Peu de participant ont une réelle expérience de la montagne, et le froid aurait pu faire des victimes. A défault, il y aura beaucoup de raleurs et une grosse polémique. On y gagne au change…
Petite pensée pour ces coureurs qui viennent des 4 coins de la planette pour cette course, comme certains Japonais, pour qui la déception doit être insondable.
 
Au final, une petite balade de 3h30 en compagnie de Cyril, Flo, et Cédric. On a pris un super départ, sur une base de 36h. Je vais prendre un coup de chaud dans la première montée, mais cela sera vite oublié dans la descente sur Saint-Gervais. J’adore les descentes techniques, alors si en plus il y a de la boue… :-). On va doubler 200 coureurs en sifflotant!
 
J’ai des points à retravailler.
– Les chaussures en premier lieu. Bien que neuve en début de saison, mes salomon 3dx pro, avaient quelques crampons en moins. Avant les trails, une paire de basket me faisait plusieurs années! Maintenant, je pense qu’il va me falloir au moins 2 paires pour une saison. Les acheter en même temps, et les prendre à tour de rôle. Cela permet de ne pas les avoir trop neuves pour les courses… En fait cela n’est pas surprenant, j’ai 500 kil au compteur pour cette saison, et je suis pourtant très loin d’avoir le volume d’entraînement requis!
– Le sac. L’attache au torse entre les bretelles a cédée dans les premiers kil… Il m’aura fallut une heure pour la réparer (en courant, avec les batons et un poncho qui recouvre tout…). Cela fait plusieurs fois que j’ai le soucis, je vais me mettre en chasse d’un autre sac.
– Le poncho. Géniale idée de Cyril, raidlight fait des ponchos jetables, de gros sacs plastiques avec 3 trous. Léger, il recouvre aussi le sac. L’idée est a creuser…. J’ai toujours une veste de montagne, mais si cela monte raide, elle tiend bien trop chaud, et on fini par être trempé dessous aussi. De plus, c’est plus compliqué pour la mettre, vu que je déteste m’arrêter pour ça. Sinon, il y a la méthode Cédric: T-shirt et short court. La pluie, ça mouille… oui, et alors ??!
– Le genou. (!) Toujours cette fichu douleur au droit, et aucune piste d’explication de mon kiné. Heureusement, l’ibuprophène semble faire un effet radical, et selon mon kiné, je ne risque pas grand chose. Comme la saison des trails est finie, je vais en profiter pour faire toute la bataille de test qu’il faut.
– Musculations et étirements spécifiques. Il n’est jamais trop tard pour commencer !
 
Voila, fin des trails pour 2010. J ‘ai tout de même la satisfaction d’avoir fini un ultra cette saison avec le trail de Verbier. L’année continue avec l’escalade, peut être une sortie d’alpi et bientôt le ski :-)
Je vais essayer de continuer la course à pied pendant l’hiver et de garder un volume de fond pour préparer l’année prochaine. Surtout que l’année prochaine verra sûrement Tyliana revenir la faim au ventre.
 
Merci à Tyliana pour son soutien, et à Tercan pour l’organisation des détails de course !
 
– Acnors
 
21kil, 900m+, 3h30

“Je suis allé au bout de moi. Il va maintenant falloir aller beaucoup plus loin”.

Et voila, c’est partit ! Les chiffres donnent le ton : 110 Kil, 7’000 m positif, 5 cols à plus de 2’000m… ça commence à être du lourd.

Départ à 5h samedi, il fait plutôt bon, nous sommes environs 300 sur la ligne. Sur les conseils de Tyliana (tu t’économises encore et encore et encore !!) je pars pour la première montée de 1’000 m à un rythme de papy. Tellement papy que je ne vais pas du tout la voir passer. Je passe le premier ravito sans m’y arrêter du tout, et suis surpris d’apprendre par mon PC  course (Tyliana) que je suis 156ième, soit au milieu du peloton.

La terrible descente. 1’700m négatif, roulante, longue… Je me souviens à voir dit la veille à Tyliana, si je passe le kilomètre 25, si je passe cette descente, alors l’ultra est gagné. Elle avait trouvé mon raisonnement rigolo, surtout pour un 110 kil ! Depuis les Allobroges, j’ai une douleurs persistante aux genoux en descente. Je sais que si je passe cette descente, je pourrais prendre dans la longue montée suivante suffisamment d’avance pour faire la fin en marchant si nécessaire .
Kilomètre 14, grosse douleur au genou gauche. Quand on sait qu’il reste encore plus de 6’000 m à descendre, ça fait plutôt froid dans le dos. Je suis obligé de marcher, et me fait doubler par pas mal de monde, je rage! Un coup de fil à Tyliana, un sms de Tercan, et je continue. anti-douleurs ? Pas encore, je résiste. A mi-descente, Tyliana m’annonce que j’ai perdu 13 places. il me semble pourtant m’être fait doubler des centaines de fois !
Ok, cette fois, je prend un anti-douleur. Il fera effet en quelques minutes, et je terminerai cette interminable descente en 2h15.

Ravito de Sambrancher. Je prend de l’eau, et repars, pas de pause. Seulement 26 kil de fait en 4h, mais dans ma tête, c’est terminé, je sais que plus rien de m’empêchera de finir. Maintenant, j’attaque.
800m positifs plus tard, je reçois un sms de Tyliana de bon augure, 18 places de reprises. Je vais peiner dans la monté de La Fouly. Une sorte de faux plat montant, interminable, en plein soleil, avec une jolie crise d’hypo. Seuil psychologique… nous avions pris l’année dernière le départ de la traversée à la Fouly, pour 60 kil, et j’avais trouvé ce parcours très dur. A refaire, mais cette fois avec un Marathon dans les pattes avant le départ !


J’ai l’impression d’avoir perdu pas mal de places au classement dans cette montée. Je vais donc quasi pas faire de pause à la Fouly. La plupart des coureurs y ont un sac avec des habits secs, crème massante pour les muscles, vivres. J’ai fait le choix de ne pas en avoir, pas perdre de temps, et repartir le plus vite possible. Ce sera payant, je pars du ravito avec 13 places de gagnées !

C’est partit pour le col de la Fenêtre, soit 1’200m positif. Une petite averse pour rafraichir, cette monté ne me posera pas trop de soucis. Mais quelle est longue ! Avec pas mal de neige au sommet.

100m avant le somment, je vois une silhouette familière… Paolo !! Il fait de la tachycardie. Je l’attend au col où il prendra une aspirine. histoire de fluidifier le sang. Et nous partons ensemble pour le col du grand saint-bernard.


Le ciel se fait menaçant lorsque nous attaquons le col. C’était peu de le dire ! Cela va commencer par une pluie légère. Elle va vite ce transformer au sommet de plus de 2’400m en une grêle violante. Ambiance ! Nous voila dans la tempête. Le chemin se transforme en rivière, nous sommes littéralement trempé en 5 min. Le terrain devient sur-gras, glissant, ultra technique. Pourtant, avec Paolo, on attaque. Sans doute amusé par le côté ludique de la chose, on descend à toute vitesse, doublant nombre de coureurs. On passera sur un immense névé de plusieurs centaines de mètre de long. Des coureurs peines à le franchir et rester debout. Il seront d’autant plus surpris de nous voir passer à fond, sur les fesses, façon bobsleigh !! Au moins 8 places en tout, et 300m négatifs en moins d’une minute !
La course doit normalement prendre un passage à guet dans une rivière. Mais la rivière est maintenant un violent torrent infranchissable. Nous devrons couper droit dans la pente pour trouver un passage de secours. Après de longues recherches, nous finiront finalement par retrouver les balises. La pluie s’arrête, et plus rien ne semble maintenant nous empêcher de rejoindre le prochain ravito. Plus rien ? C’était sans compter les vach

es. On va tomber sur un gros troupeau coincé sur le chemin. C’est pas bien méchant une vache ? Et personne n’en a peur ? Seulement la moitié du troupeau sont des Reines. La Reine est une race de combat, elle a tout du taureau, sauf qu’elle fait du lait en plus :-). Massive, noire, puissante et avec d’énormes cornes. On arrivera quand même à se faire un passage, avec un petit coup de stress lorsque trois Reines hésiterons clairement à charger à moins de 2 m de nous !

Bour St-Pierre. Et 23 places de gagnées !! On fera une plus longue pause. 2 assiettes de pâtes pour moi, que Paolo ne trouvera pas très “Al dente”… ces Italiens :-) ! Je suis trempé. Plus rien de sec, ni dans le sac. On repartira du ravito gelé. Je vais littéralement claquer des dents. Heureusement qu’il y a 1’000m de montée pour se réchauffer. Nous allons même ratraper le soleil… quel bonheur. Du coup, on carbure à 650m+/h, plutôt pas mal après 80 kil et 15h ! On prendra même encore 15 places dans cette monté.

Une autre terrible descente : 1’400m. Je prends un anti-douleur en prévention, mais je ne pense pas en avoir besoin. Paolo fera un super travail, et nous arriverons à Lourtier dans le top 100! Lourtier marque le départ de la plus terrible des montées de ce trail. 1’200m ultra raide. Il fait nuit, et attaquons ce monstre à la frontale. Je ne vais pas me sentir bien les 20 premières minutes. Un truc n’est pas passé au ravito, un bouillon de pâte fait la loi dans mon estomac. Je vais gentiment lui indiquer la sortie et tout ira bien après. Enfin presque. Une inconnue jusque là fait son apparition : la fatigue. Nous aurions dû prendre quelque chose au ravito contre ça, mais n’y avons pas pensé. Le phénomène d’endormissement au volant et bien connu de tous. La même chose peut se produire en courant. Les yeux se ferment en sursaut, c’est dingue comme sensation! Nous allons vraiment peiner dans cette montée, mais finalement en seulement 3h, nous signions un temps canon. Au sommet, il ne reste plus qu’à descendre sur Verbier, et c’est dans la poche. Le top 100 semble à porté de pied, l’arrivée et le repos aussi. Normalement, en 1h, nous aurons finit. Normalement… C’était sans compter les dégâts que peuvent subir les pieds après 3h d’averse et plus de 10h dans des chaussures trempées. L’eau affaiblie la plante du pied, et les frottements sont bien plus important avec des chaussettes mouillées. Paolo ne peut presque plus marcher, un très long calvaire de 2h30 commence. Cela semble interminable, on descend, remonte, redescend… pour finalement voir Verbier avec le levé du soleil !!

Bilan ? Plutôt positif. Pas une crampe, pas une seule fois un muscle qui tire. Le dimanche sera pas très évident pour les pieds un peu douloureux. Mais plus rien le lundi, même pas de courbatures ! D’ailleurs, le lundi, je suis allé faire 1.3 kil de natation avec Tyliana. Encore merci Tyliana, finalement, on a fait cette course à deux !

Nous aurons fait les 110 kil en 26h30.
Classés 112 & 113
300 coureurs au départ pour 159 arrivants.

– Acnors –

Enfin, nous y voila !

4h15, départ du chalet avec Paolo. Je le laisse conduire, même si je suis presque toujours malade en voiture quand je ne suis pas au volant, c’est très rarement le cas la nuit. Première gourde de la journée, et pas des moindre. Après de fortes nausées, on devra faire une pause urgente sur le bord de la route. Le gâteau sport n’est pas des meilleurs à manger, alors à vomir… !! Parfait, alors j’attaquerai ce trail à jeun. Paraît que c’est une bonne méthode pour perdre du poids 😉 je vais monter un concept…
Au départ, on retrouve tout un groupe dont Cyril et Nico…
Le go est pour 6h10. Le départ se passe bien, c’est assez roulant. Paolo est un cinquantaine de mètres devant moi, le reste du groupe et plus loin derrière dans le peloton encore bien compact. Je double Paolo occupé par un pause technique dans la montée d’Hirmentaz. Les paysages sont super, le soleil se lève, et pas un nuage à l’horizon, ça galope plutôt bien, avec de bonnes sensations.
Tout se passe au poil jusqu’à la montée de Forchat. Mon estomac me rappel les événements du matin, je suis au bord de vomir, même l’eau ne passe pas. Il me faudra faire 3 pauses dans la montée finale du mont. Paolo m’attend pour faire le sommet ensemble, et je rassemble toutes mes forces pour y arriver. Au moment d’y mettre le pied, j’entend un “salut stéphane” derrière moi. Cyril arrive en également ! Il me conseil de ralentir, la nausée étant souvent le signe d’un moteur qui tourne dans le rouge. Je vais devoir faire plus que ça… me poser au sol, complètement à plat. Les regards des autres coureurs sont sans équivoques : ça en est terminé pour celui-là. De râge, je reprend le chemin en marchant et passe un coup de fil à Tyliana. Le moral remonte un peu et j’essaye de goûter une barre de céréale. Echec. Rien qu’à l’odeur, les nausées reviennent. En fait, mon estomac va tout refuser jusqu’à Lullin !

Je suis partis avec 2 litres d’eau, ce qui me permet de sauter le premier ravito, toujours ça de gagné. L’arrivée sur Lulin se fait plutôt bien, mais je commence à m’inquiéter de ne rien pouvoir manger et d’être toujours à jeun. Autre point noir, mon genou gauche commence à faire mal en descente, comme pour le trail des Aiguilles rouges. Grrrr. Très mauvais signe, surtout que la fin du trail n’est qu’une longue descente, et pas de calmants dans le sac (deuxième bourde de la journée!).

Le ravito de Lullin se fera en moins de 30sc. juste le temps de mettre 1.5l d’eau dans le sac et repartir. J’évite de regarder la bouffe, mon estomac étant toujours en grève. Second coup de fil à Tyliana, le message est clair: “Tu te débrouille pour manger, et tu te débrouille pour rattraper les autres” et raccroche. Pas de doute, elle sait ce qu’il fallait me dire à ce moment là. J’avale une barre aux sésames, finalement le seul truc qui passera de la journée, et allonge le pas !

La terrible montée de Perthuis commence. Rapidement, j’ai une double crampe aux cuisses ! Bien que sachant ce qu’il faut faire, je passe un autre coup de phone à Tyliana… elle me conseille de boire, et de prendre 5 min pour faire des étirements. J’en ferais 1min par cuisse, et vais vider 0.5l d’un trait. Mon estomac marche enfin !

30sc au ravito avant Ivreuse aussi. Juste le temps de mettre de l’eau. J’en profite pour doubler tout un groupe qui prend son temps :-). Dernier coup de fils à Tyliana: elle m’annonce que je suis sur une base de 10-11h ! Du coup, j’attaque la monté d’Ivreuse comme un avion ! Maintenant c’est bon, je suis à fond dans la course. Je croise les médecins en montant et leur demande des calmants pour mon genou en vue de la descente. Je double 7 coureurs dans la montée J. La descente d’Ivreuse est géniale, malgré mon genou HS, je cours le plus possible, mais il me faudra 40min pour voir le prochain coureur !

Soudain, dans une montée, j’aperçois Paolo, les fesses dans l’herbe. Coup de pompe, il veut finir à un rythme plus cool. Même scénario que pour le trail des Aiguilles Rouges ! Je n’arrive pas à le convaincre de repartir avec moi. Il me dit que Cyril est très loin devant, je repars alors au galop avec pour objectif de faire moins de 10h.

C’était sans compter des douleurs au genou lors de la longue descente sur le lac. La fin du trail se fera à bon rythme, mais il sera plus long qu’attendu, et je serais finalement très loin des 10h, avec un temps final de 10h49. Paolo arrivera 30min après, on aurait pu finir ensemble en fait ! Cyril aura pris le mur du son… en 10h04, félicitations !

Troisième bourde de la journée ? Le soleil. Et je vais le découvrir le lendemain. Gros coups de soleil, l’insolation ne devait pas être très loin. J’ai bu environs 8l, sans faire une seule pause pipi ! donc pour le prochain trail : pas de voiture, crème solaire, et pharmacie dans le sac !

La bonne découverte de ce trail sera l’usage de l’alti en montée. Cela me booste énormément de savoir où j’en suis, et j’ai maintenant une très bonne idée du temps et de l’énergie à mettre pour une tranche de 100m+, en fait pas grand-chose ! Les montées sont devenus plus à mon avantage que les descentes, reste à régler ce problème de genou, et ce sera parfait.

Tyliana m’aura manqué tout le long de la course. Heureusement, ses interventions auront été salutaires !

Merci Tyliana !

-Acnors-

Distance : 60kil
Dénivelé : 3’500m
Durée : 10h49
Trace : garmin