Enfin, nous y voila !
4h15, départ du chalet avec Paolo. Je le laisse conduire, même si je suis presque toujours malade en voiture quand je ne suis pas au volant, c’est très rarement le cas la nuit. Première gourde de la journée, et pas des moindre. Après de fortes nausées, on devra faire une pause urgente sur le bord de la route. Le gâteau sport n’est pas des meilleurs à manger, alors à vomir… !! Parfait, alors j’attaquerai ce trail à jeun. Paraît que c’est une bonne méthode pour perdre du poids
je vais monter un concept…
Au départ, on retrouve tout un groupe dont Cyril et Nico…
Le go est pour 6h10. Le départ se passe bien, c’est assez roulant. Paolo est un cinquantaine de mètres devant moi, le reste du groupe et plus loin derrière dans le peloton encore bien compact. Je double Paolo occupé par un pause technique dans la montée d’Hirmentaz. Les paysages sont super, le soleil se lève, et pas un nuage à l’horizon, ça galope plutôt bien, avec de bonnes sensations.
Tout se passe au poil jusqu’à la montée de Forchat. Mon estomac me rappel les événements du matin, je suis au bord de vomir, même l’eau ne passe pas. Il me faudra faire 3 pauses dans la montée finale du mont. Paolo m’attend pour faire le sommet ensemble, et je rassemble toutes mes forces pour y arriver. Au moment d’y mettre le pied, j’entend un “salut stéphane” derrière moi. Cyril arrive en également ! Il me conseil de ralentir, la nausée étant souvent le signe d’un moteur qui tourne dans le rouge. Je vais devoir faire plus que ça… me poser au sol, complètement à plat. Les regards des autres coureurs sont sans équivoques : ça en est terminé pour celui-là. De râge, je reprend le chemin en marchant et passe un coup de fil à Tyliana. Le moral remonte un peu et j’essaye de goûter une barre de céréale. Echec. Rien qu’à l’odeur, les nausées reviennent. En fait, mon estomac va tout refuser jusqu’à Lullin !
Je suis partis avec 2 litres d’eau, ce qui me permet de sauter le premier ravito, toujours ça de gagné. L’arrivée sur Lulin se fait plutôt bien, mais je commence à m’inquiéter de ne rien pouvoir manger et d’être toujours à jeun. Autre point noir, mon genou gauche commence à faire mal en descente, comme pour le trail des Aiguilles rouges. Grrrr. Très mauvais signe, surtout que la fin du trail n’est qu’une longue descente, et pas de calmants dans le sac (deuxième bourde de la journée!).
Le ravito de Lullin se fera en moins de 30sc. juste le temps de mettre 1.5l d’eau dans le sac et repartir. J’évite de regarder la bouffe, mon estomac étant toujours en grève. Second coup de fil à Tyliana, le message est clair: “Tu te débrouille pour manger, et tu te débrouille pour rattraper les autres” et raccroche. Pas de doute, elle sait ce qu’il fallait me dire à ce moment là. J’avale une barre aux sésames, finalement le seul truc qui passera de la journée, et allonge le pas !
La terrible montée de Perthuis commence. Rapidement, j’ai une double crampe aux cuisses ! Bien que sachant ce qu’il faut faire, je passe un autre coup de phone à Tyliana… elle me conseille de boire, et de prendre 5 min pour faire des étirements. J’en ferais 1min par cuisse, et vais vider 0.5l d’un trait. Mon estomac marche enfin !
30sc au ravito avant Ivreuse aussi. Juste le temps de mettre de l’eau. J’en profite pour doubler tout un groupe qui prend son temps
. Dernier coup de fils à Tyliana: elle m’annonce que je suis sur une base de 10-11h ! Du coup, j’attaque la monté d’Ivreuse comme un avion ! Maintenant c’est bon, je suis à fond dans la course. Je croise les médecins en montant et leur demande des calmants pour mon genou en vue de la descente. Je double 7 coureurs dans la montée J. La descente d’Ivreuse est géniale, malgré mon genou HS, je cours le plus possible, mais il me faudra 40min pour voir le prochain coureur !
Soudain, dans une montée, j’aperçois Paolo, les fesses dans l’herbe. Coup de pompe, il veut finir à un rythme plus cool. Même scénario que pour le trail des Aiguilles Rouges ! Je n’arrive pas à le convaincre de repartir avec moi. Il me dit que Cyril est très loin devant, je repars alors au galop avec pour objectif de faire moins de 10h.
C’était sans compter des douleurs au genou lors de la longue descente sur le lac. La fin du trail se fera à bon rythme, mais il sera plus long qu’attendu, et je serais finalement très loin des 10h, avec un temps final de 10h49. Paolo arrivera 30min après, on aurait pu finir ensemble en fait ! Cyril aura pris le mur du son… en 10h04, félicitations !
Troisième bourde de la journée ? Le soleil. Et je vais le découvrir le lendemain. Gros coups de soleil, l’insolation ne devait pas être très loin. J’ai bu environs 8l, sans faire une seule pause pipi ! donc pour le prochain trail : pas de voiture, crème solaire, et pharmacie dans le sac !
La bonne découverte de ce trail sera l’usage de l’alti en montée. Cela me booste énormément de savoir où j’en suis, et j’ai maintenant une très bonne idée du temps et de l’énergie à mettre pour une tranche de 100m+, en fait pas grand-chose ! Les montées sont devenus plus à mon avantage que les descentes, reste à régler ce problème de genou, et ce sera parfait.
Tyliana m’aura manqué tout le long de la course. Heureusement, ses interventions auront été salutaires !
Merci Tyliana !
-Acnors-
Distance : 60kil
Dénivelé : 3’500m
Durée : 10h49
Trace : garmin



